Le pardon qui libère

Le pardon qui libère

Pardonner reste peut-être la chose la plus difficile à faire. Pourtant, c’est celle qui nous apporte le plus grand bien. Nous perdons beaucoup de temps à le comprendre et, paradoxalement, c’est notre expérience qui nous permet d’accéder au pardon. Pardonner à celui que l’on considère comme un ennemi, c’est finalement le remercier, car il nous donne la possibilité de faire notre plus belle expérience de la vie en nous permettant d’aller au cœur de nous-même.

Le pardon est libérateur. Il libère l’âme de toute l’amertume qui nous fait mal. Bien souvent lorsque nous prenons du recul, nous réalisons que les choses que nous reprochons aux autres ne sont finalement pas si importantes, une goutte d’eau dans un océan. L’amour et le pardon sont plus forts que tout.

Nous avons tous des défauts, nous sommes tous différents : certains sont plus rongés par la jalousie, d’autres par l’orgueil, tandis que d’autres souffrent de manque de confiance en eux ou de timidité excessive. Y a-t-il un défaut pire qu’un autre ? Nous serions heureux de savoir que la personne à qui nous avons fait le plus de mal nous pardonnerait. Alors sachons aussi pardonner, car tant que nous serons sur terre, nous devrons composer avec nos défauts et ceux des autres.

Personnellement, même si cela m’est très difficile, j’essaie de m’efforcer de garder à l’esprit que nous ne pouvons pas agir avec les autres en fonction de leur attitude passée, tout comme nous n’aimerions pas qu’ils agissent ainsi envers nous. Voilà pourquoi il est primordial d’apprendre à dire ce que l’on a sur le cœur au moment où on vit les choses et non pas trois mois plus tard. Il ne sert à rien d’en vouloir à quelqu’un pour un fait passé, tout comme il ne sert à rien de vivre avec des regrets. Si nous apprenons à dire ce que nous ressentons au moment où nous vivons les choses, nous éviterons de ressentir de la rancœur envers les autres et nous aurons bien moins souvent besoin de pardonner. Lorsque nous disons à quelqu’un qu’il vient de nous blesser, nous lui offrons une chance de s’expliquer. Bien souvent nous sommes blessés à tort, c’est notre histoire et notre système de pensée qui faussent notre perception des choses. L’amour se joue dans l’instant présent. Il nous faut juste apprendre à nous exprimer dans l’amour et à ne pas nous laisser envahir par des sentiments négatifs : colère, amertume, rancœur.
Arrêtons donc de ressasser notre passé et de vivre avec des regrets. Notre passé forge notre présent. Ce que nous sommes aujourd’hui est créé par ce que nous avons appris hier. Chaque expérience, négative ou positive, change notre conception des choses. Nous évoluons sans cesse.
Il arrive que le pardon soit impossible à donner. Pour les personnes qui ont vraiment souffert et qui ne trouvent pas la force de pardonner, qu’elles sachent qu’un jour elles seront libérées de ces souffrances. Il faut un temps pour tout, certains pardons sont plus longs et difficiles à donner. Ils passent avant tout par une compréhension personnelle des évènements et des circonstances qui ont entraîné le mal dont nous avons souffert avant de pouvoir pardonner.
Mais certaines douleurs ne s’expliquent jamais et le pardon est parfois impossible. La pire douleur étant la perte d’un enfant. Le sentiment d’injustice est alors tel qu’il est légitime d’en vouloir à la terre entière. Le seul réconfort est la certitude que nos proches ne meurent jamais. C’est le seul et unique sens que l’on peut trouver à un tel drame. Cela crée un lien vers l’Au-delà et nous permet de comprendre que nous sommes plus que de la matière. Nos défunts nous soutiennent et nous aiment de tout leur cœur, la vie est éternelle. Un jour, tout sera lumière.
Dans son livre « Leçons de vie », Elizabeth KUBLER ROSS nous donne une belle définition du pardon : « la première étape du processus du pardon consiste à considérer à nouveau le fautif comme un être humain : il peut faire des erreurs, se montrer faible, insensible, confus, il peut souffrir. En d’autres termes il est exactement comme nous : faillible, fragile, seul et psychologiquement imparfait. Dès lors que nous reconnaissons son statut d’être humain, nous pouvons commencer à lui pardonner et à exprimer notre colère ».
Tant que notre colère est dirigée sur la personne, elle ne peut pas se libérer et nous ne pouvons pas panser nos blessures. Pardonner c’est se libérer de la colère, de la rancœur, des regrets qui nous habitent ; c’est enfin détacher les faits qui nous blessent des personnes qui en sont l’auteur.

Le pardon véritable est un long processus qui s’acquiert par l’expérience et la pleine conscience. Il est l’illustration même de notre capacité à transcender les épreuves les plus douloureuses en pure énergie d’amour.

 

Laetitia Lemoine

extrait du livre Chrysalide de Conscience

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Fermer le menu